La maladie mentale à visage découvert

Qu’est-ce que la maladie mentale?

La maladie mentale est un ensemble de troubles caractérisés par des symptômes tels que des changements d’humeur extrêmes, des perturbations de la réflexion ou de la perception, des obsessions ou des peurs insurmontables, ou des niveaux élevés d’anxiété débilitants. Il n’existe aucun test médical objectif permettant de déterminer si vous ou l’un de vos proches est atteint d’une maladie mentale. Le diagnostic s’appuie sur l’autoévaluation (la description que vous faites de ce que vous vivez), sur les observations effectuées par la famille et les amis, sur les perturbations de votre comportement, et sur l’expérience d’un médecin qui peut être votre médecin de famille ou, dans des cas plus sérieux, un psychiatre.

Très souvent les gens attendent longtemps avant de demander de l’aide. Ils sentent bien, et leur famille aussi, que quelque chose ne va pas, mais ils ne savent pas quoi. De plus, diagnostiquer une maladie mentale peut prendre beaucoup de temps : de nombreuses personnes ont indiqué que cela avait pris plusieurs mois, parfois plusieurs années, pour obtenir un diagnostic qui corresponde à ce qu’elles vivaient.

Des raisons variées expliquent pourquoi les gens se débattent avec une maladie mentale sans rechercher de l’aide : ils n’arrivent pas à déterminer la nature exacte de leur problème, ils sentent juste qu’ils sont « différents »; ils pensent qu’ils peuvent vaincre la maladie seuls; ils ont honte et essaient de cacher leurs symptômes; leur famille et leurs amis exaspérés leur enjoignent de surmonter cette mauvaise passe; ou alors, ils ont effectivement déjà demandé de l’aide, mais leur première expérience leur a donné l’impression de n’être ni considérés ni compris.

Cependant, il est avéré que plus tôt les gens obtiennent de l’aide, meilleur est le pronostic.

La façon la plus efficace d’obtenir de l’aide le plus rapidement possible, pour vous-même ou pour quelqu’un que vous connaissez, c’est d’apprendre à quoi ressemble une maladie mentale.

Il convient tout d’abord de noter que la souffrance, le chagrin, une réaction au stress, ou une perturbation émotionnelle, même d’une très forte ampleur, ne constituent pas une maladie mentale.

La maladie mentale affecte les aptitudes d’une personne à vivre au quotidien. Elle se sent sans énergie ou avec très peu d’énergie pour travailler ou aller à l’école. La maladie mentale interfère avec les relations sociales. Elle peut conduire à une isolation sociale et à un désintérêt du malade pour son propre bien-être.

La maladie mentale affecte pratiquement tous les aspects de la vie d’un individu, et ce, durant une longue période. Toutefois, il est possible de guérir d’une maladie mentale, et de nombreuses personnes guérissent effectivement.

La dépression

Les personnes touchées par la dépression ne sont pas simplement tristes, elles vivent dans un état d’esprit le plus noir qui soit qui sape leur énergie et leur retire leur goût de vivre.

Elles perdent tout intérêt vis-à-vis de leur travail et de leurs relations. Elles peuvent devenir irritables. Elles peuvent subir des pertes ou des gains de poids soudains.

Elles sont susceptibles de dormir en permanence, ou au contraire de ne pas arriver à dormir. Elles éprouvent des difficultés à se lever pour faire face à la journée qui s’annonce.

Elles peuvent boire de façon excessive ou utiliser des drogues pour les aider à affronter ces sentiments qui les écrasent.

Elles sont traversées par des pensées du type : « Le monde irait bien mieux sans moi. » Certaines vont donner corps à ces pensées et commettre des tentatives de suicide.

D’autres arrivent à cacher ce qu’elles ressentent réellement, et font bonne figure lorsqu’elles se trouvent en société.

Les troubles bipolaires

Les personnes souffrant de troubles bipolaires, auparavant connus sous le nom de troubles maniaco-dépressifs, traversent des états émotionnels extrêmes. Durant la phase maniaque de la maladie, elles peuvent se montrer hyperactives et faire preuve de peu de jugement, ce qui peut les conduire à adopter des comportements à risques ou à subir des pertes financières.

Durant la phase dépressive, elles présentent les symptômes décrits précédemment dans le cadre de la dépression.

Les personnes souffrant de troubles bipolaires peuvent consommer de l’alcool ou des drogues pour tenter de contrôler leurs symptômes; elles peuvent également commettre des tentatives de suicide. Ces personnes sont aussi susceptibles d’être confrontées avec la police et la justice, en raison de leur comportement durant la phase maniaque.

Tandis que la phase dépressive est extrêmement douloureuse, la phase maniaque peut constituer une expérience euphorisante. De nombreuses personnes atteintes de troubles bipolaires se souviennent de cette période comme d’une course effrénée et exaltante, jusqu’au moment où elles ont dû faire face aux conséquences.

La schizophrénie

Les personnes atteintes de schizophrénie rencontrent des perturbations au niveau de leur mécanisme de réflexion et au niveau de leur perception. Elles peuvent entendre des voix, ou voir des choses qui n’existent pas. Elles peuvent également avoir des croyances que les autres vont trouver bizarre; elles pensent, par exemple, être célèbres, ou croient être suivies, ou sont convaincues que la télévision leur envoie des messages secrets.

Parfois, ces croyances et ces délires sont inoffensifs, mais parfois ils peuvent faire froid dans le dos. Les schizophrènes peuvent se retrouver tellement pris dans leur monde intérieur qu’ils s’isolent des autres, oublient de se laver ou de manger, et se retirent de la vie quotidienne et de ses activités.

Si on les questionne à propos de ce qui se passe, compte tenu des perturbations de leurs capacités de communication, leur réponse peut s’avérer totalement dépourvue de sens.

Les symptômes de la schizophrénie apparaissent fréquemment à la fin de l’adolescence ou au début de l’âge adulte.

Les troubles anxieux
Il s’agit d’un ensemble de problèmes qui, d’une façon ou d’une autre, font intervenir des préoccupations, des peurs, des mesures d’évitement et une irritabilité excessives.

Par exemple :
  • Des attaques de panique durant lesquelles la personne ressent les symptômes suivants : son cœur se met à battre à tout rompre, elle se couvre de sueur et elle se sent, littéralement, sur le point de mourir;
  • Une agoraphobie caractérisée par une peur extrême de quitter la maison ou de dévier d’un trajet parfaitement connu (par exemple pour aller au travail ou en revenir) à l’exclusion de tout autre trajet;
  • Une phobie sociale d’une telle intensité que l’angoisse de se retrouver en présence d’inconnus conduira la personne à éviter toute situation sociale;
  • Différentes phobies dans lesquelles les personnes font montre d’une peur extrême et irrationnelle relativement à des objets comme des aiguilles, à des animaux, des reptiles ou des insectes, à des expériences comme voler en avion ou se retrouver en hauteur, ou à la vue du sang, pour ne citer que quelques exemples;
  • Des troubles obsessivo-compulsifs dans lesquels les personnes réalisent un certain nombre d’actions de façon répétée (se laver les mains, répéter une certaine suite de chiffres, toucher un objet spécifique, les exemples sont sans fin), persuadées qu’en agissant ainsi, elles se préservent d’un événement redouté ou de conséquences fâcheuses;
  • Un trouble de stress post-traumatique (TSPT) apparaissant après qu’une personne a été témoin ou a vécu un événement durant lequel elle a craint pour sa vie (ou pour la vie d’autres personnes) et a ressenti un sentiment d’impuissance pour sauver sa propre vie (ou la vie d’autres personnes). Un TSPT se caractérise par des souvenirs intrusifs (flashbacks) de l’événement comme s’il se déroulait encore et encore, l’évitement de tout ce qui pourrait rappeler l’événement (sons, lieux, odeurs, etc.), un engourdissement émotionnel, une incapacité à se concentrer, des perturbations du sommeil accompagnées de cauchemars, des explosions de colère et des sursauts permanents.

Les troubles de l’alimentation

Ces troubles apparaissent lorsque des personnes (la plupart du temps des filles ou des femmes, mais parfois également des garçons ou des hommes) s’affament littéralement elles-mêmes (anorexia nervosa) jusqu’à ressembler à des squelettes, ou au contraire consomment d’énormes quantités de nourriture (frénésie) puis se font vomir (purge), c’est ce qu’on appelle la boulimie. L’un comme l’autre de ces troubles peut inclure une utilisation détournée de laxatifs.

L’anorexie est particulièrement dangereuse, car une privation de nourriture persistante peut affecter le fonctionnement des organes et finalement aboutir à la mort. Les personnes atteintes d’anorexie ont une image perturbée de leur corps, en ce sens qu’elles se perçoivent comme grosses alors qu’elles n’ont que la peau sur les os.

La boulimie est susceptible de causer des dommages à l’œsophage, à la bouche et aux dents, en raison d’une exposition répétée au caractère corrosif des vomissures acides.

Les troubles de la personnalité

Il s’agit de perturbations du jugement, des impulsions caractérielles et des choix comportementaux, en particulier dans le domaine des relations interpersonnelles. On pense que les troubles de la personnalité sont le résultat d’expériences difficiles durant l’enfance (violences sexuelles, physiques ou émotionnelles; abandon; ou autres maltraitances).


*Tout le contenu est a été préparé par Barbara Everett, Ph. D.