

Faisons la connaissance de Bonny Ball. Lorsque le fils de 21 ans de Bonny s’est suicidé en juin 1994, on l’a encouragée à parler ouvertement de la cause du décès. Sa famille, ses amis, sa communauté religieuse et ses collègues de travail l’ont entourée de soins et de compassion exempts de jugement. Son groupe de randonnée pédestre l’a laissée s’exprimer jusqu’au bout. Le groupe « Toastmasters » a fourni l’occasion de s’exercer à parler du suicide dans un milieu sécurisant. Le fait de chanter à la chorale de son église a permis d’évacuer la douleur. Une thérapie professionnelle l’a aidée à conserver son équilibre. Le soutien, l’ouverture et la compassion sont venus à bout de la négativité attribuable à la stigmatisation avant qu’elle ne s’enracine. Portée par ce soutien, Bonny a puisé dans ses compétences professionnelles à titre d’analyste d’entreprise pour « changer les choses ». En tant que « survivante d’un suicide », Bonny a commencé à assister à la conférence annuelle de l’Association canadienne pour la prévention du suicide (ACPS). De concert avec les professionnels qu’elle y a rencontrés, elle a conçu le dépliant « Living with Someone Who is Suicidal. » Depuis ce temps, Bonny s’est engagée socialement tant au niveau local que national, contribuant ainsi à « rompre le silence » par le biais de l’écriture, d’entrevues accordées aux médias, de présentations lors de conférences et d’une collaboration à un document de recherche primé portant sur la douance et le suicide. Afin d’habiliter d’autres survivants à agir, elle a également lancé le gestionnaire de liste de diffusion Survivor Advocate Listserve afin de permettre aux professionnels et aux survivants d’entrer en communication et d’apprendre les uns des autres. Grâce à un public mieux renseigné sur les questions de santé mentale et de maladie mentale, et à des initiatives telles que la Semaine de sensibilisation aux maladies mentales, Bonny est d’avis que les personnes récemment endeuillées par le suicide sont de plus en plus nombreuses à recevoir des marques de compassion et de compréhension sans être jugées, et se portent volontaires pour collaborer avec les professionnels de la prévention du suicide. Ensemble, nous CHANGEONS les choses. La guérison est possible.